Les cinq points bloquants — à vérifier en premier
Si l'un de ces cinq points est défaillant, tout le reste est sans effet. Ce sont eux qui expliquent l'écrasante majorité des sites qui « ne sortent pas sur Google » malgré un contenu correct.
Le plus insidieux est le premier. Une balise noindex laissée en place après une phase de préproduction rend le site totalement invisible, sans qu'aucune alerte ne le signale. Vérifiez-le le jour de la mise en ligne, puis une semaine plus tard.
- Aucune balise noindex résiduelle. Vérifiez le code source de plusieurs pages et l'en-tête HTTP X-Robots-Tag, qui n'apparaît pas dans le HTML.
- Le robots.txt n'interdit rien d'essentiel. Consultez votredomaine.fr/robots.txt : un Disallow: / oublié bloque l'ensemble du site.
- Une seule version du domaine répond. Testez avec et sans www, en http et en https : trois des quatre doivent rediriger vers la quatrième, en 301 ou 308 permanent, jamais en 302 ou 307.
- Les balises canonical pointent vers l'adresse réellement servie. Un canonical qui désigne une URL qui redirige envoie un signal contradictoire à Google.
- Le site est accessible en HTTPS avec un certificat valide, et aucune ressource n'est chargée en HTTP.
Structure et contenu — six points
Une fois le site accessible, ces vérifications déterminent la façon dont il sera compris et présenté dans les résultats. Elles se contrôlent page par page, en commençant par les pages qui comptent commercialement.
L'unicité est le fil conducteur : deux pages qui partagent le même title sont deux pages que Google traitera comme des doublons, et il en choisira une seule.
- Chaque page a un title unique, sous 60 caractères, contenant le terme sur lequel elle vise à être trouvée.
- Chaque page a une meta description unique, sous 155 caractères. Elle n'influence pas le classement mais détermine le taux de clic.
- Une seule balise h1 par page, et elle décrit le contenu réel plutôt que le nom de la marque.
- La hiérarchie des titres ne saute pas de niveau : pas de h3 directement sous un h1.
- Chaque image porte un attribut alt descriptif, ou un alt vide si elle est purement décorative.
- Aucune information essentielle — tarifs, carte, horaires — n'est enfermée dans une image ou un PDF.
Technique et exploration — cinq points
Ces points conditionnent la capacité de Google à découvrir vos pages et la vitesse à laquelle il le fera. Ils comptent particulièrement pour un site neuf, qui ne bénéficie d'aucun historique.
Un point mérite une attention particulière : un sitemap n'est utile que s'il est exact. Un sitemap contenant des adresses qui redirigent ou renvoient une erreur est traité comme défaillant, et Google finit par cesser de le consulter.
- Le sitemap.xml existe, ne contient que des adresses répondant en 200, et toutes dans la version canonique du domaine.
- Le sitemap est déclaré dans le robots.txt et soumis dans la Search Console.
- Chaque page indexable reçoit au moins un lien depuis une autre page du site. Une page présente au sitemap mais sans lien entrant est une page orpheline.
- Les liens internes sont de véritables balises <a href>. Un bouton qui navigue en JavaScript est invisible pour les moteurs.
- Les pages inexistantes renvoient un vrai code 404, et non une page d'accueil déguisée en erreur.
Performance et données structurées — quatre points
La vitesse influence le classement, mais surtout le taux d'abandon : un visiteur qui attend trop repart avant d'avoir vu la page. Les données structurées, elles, n'améliorent pas directement la position, mais conditionnent l'affichage enrichi dans les résultats.
Une précision utile : les Core Web Vitals se mesurent sur des visiteurs réels. Un site neuf n'en a pas encore, et n'apparaîtra donc dans aucun rapport terrain avant plusieurs semaines de trafic. Les outils de laboratoire donnent une indication, pas une mesure.
- Les images sont servies dans un format moderne, dimensionnées, et celle qui s'affiche en premier est chargée en priorité.
- Les pages sont mises en cache lorsque leur contenu le permet. Un no-store sur une page statique impose un calcul serveur à chaque visite.
- Un balisage de données structurées décrit l'organisation, et les articles portent une date de publication et un auteur.
- Une image de partage social est définie, et les balises Open Graph pointent vers des URL absolues.
Les outils pour vérifier, tous gratuits
Aucune de ces vérifications ne demande d'abonnement à un outil payant. Les quatre suivants suffisent à couvrir l'intégralité de la liste, et ce sont ceux qu'utilisent les professionnels pour l'essentiel du travail quotidien.
La Search Console de Google est la source de vérité sur l'indexation : elle seule indique quelles pages sont réellement indexées et pourquoi les autres ne le sont pas. Son outil d'inspection d'URL permet de voir une page telle que Google la reçoit, ce qu'aucun autre outil ne peut faire.
Le code source de la page, accessible d'un clic droit dans n'importe quel navigateur, permet de contrôler les balises title, description, canonical et les données structurées. C'est l'outil le plus simple et le plus sous-utilisé.
Le test des résultats enrichis de Google valide les données structurées et signale les propriétés manquantes. Enfin, PageSpeed Insights donne une indication de performance, en gardant à l'esprit que ses scores de laboratoire ne sont pas des Core Web Vitals réels.
Une dernière méthode, très efficace et souvent oubliée : consultez votre site dans une fenêtre de navigation privée, sur un téléphone, avec une connexion mobile. Beaucoup de problèmes visibles pour un visiteur ne le sont pas depuis un poste de développement.
Après la mise en ligne
La checklist ne s'arrête pas à la publication. Deux gestes conditionnent votre capacité à savoir si le site fonctionne, et à corriger vite s'il ne fonctionne pas.
Le premier est d'ouvrir un compte Search Console et d'y soumettre le sitemap le jour même. C'est le seul endroit où vous verrez ce que Google a réellement indexé, et les motifs pour lesquels il a écarté certaines pages.
Le second est de définir ce qui compte comme conversion — un envoi de formulaire, un appel — et de le mesurer dès le premier jour. Les outils d'analyse n'appliquent pas les conversions rétroactivement : chaque semaine sans suivi est une semaine de données perdue définitivement.
Enfin, s'il s'agit d'une refonte et non d'un site neuf, vérifiez une dernière fois que chaque ancienne adresse redirige vers son équivalent. C'est la première cause de chute de trafic après une migration, et la plus simple à éviter.